Les Monuments à Visiter

 

 

Kasbah des oudayas

Construite au XIIe siècle par les Almohades, c'est la kasbah qui a donné son nom à la ville. Le ribat est en effet un couvent fortifié et c'est ici que s'installèrent des moines-soldats qui partaient en Guerre sainte en Espagne contre les chrétiens. Le ribat devint le «Ribat El Fath», Ribat de la victoire ... Rabat. Le «village» des Oudayas tel qu'on le connaît aujourd'hui est assez récent et date de la fin du XIXe et début du XXe siècles. La kasbah, en effet, à part le palais n'abritait que quelques maisons cossues de militaires, ainsi que des habitats de fortune.

Gardienne de l’Atlantique, la Kasbah, avec toutes ses couleurs chatoyantes et l’architecture atypique de ses maisonnettes, évoque pourtant la douce Méditerranée. Sur les terrasses des maisons, sèche en permanence le linge blanc caressé par la bise océanique. Les rues étroites, pavées de dalles grises, s’allongent et serpentent, s’élèvent, s’abaissent puis se relèvent et se rabaissent sans répit. De petites échoppes, où l’on vend divers objets destinés aux touristes, et épiceries jalonnent les ruelles.
Souvent, c’est devant ces boutiques que les habitants de la Kasbah des Oudayas se donnent rendez-vous pour bavarder, commérer, jouer aux cartes ou scruter les visiteurs fraîchement débarqués à Rabat.
Une ambiance assez particulière règne dans le quartier résidentiel. Un mélange d’hystérie enfantine et de va-et-vient d’adultes nonchalants imprègne l’endroit.
En marchant, il n’est pas étrange qu’une dizaine de gamins excités et braillants vous bousculent en courant.
Dans la Kasbah, plusieurs artistes rêveurs ou désabusés par le monde extérieur trouvent leur refuge. Ils sont peintres, sculpteurs, calligraphes mais partagent indéniablement le même émerveillement pour ce lieu historique.
La Kasbah est leur égérie. Elle les touche, éveille leurs sens, les étourdit et les protège. Dans leurs ateliers, ils ont peint des scènes de tous les jours, des portraits de citadins ou de ruraux, des marchands dans les souks, des cavaliers de la Fantasia, sans oublier des paysages offerts par la Kasbah. Les couleurs et les figures s’y entremêlent. Les teintes ocre, bleues, blanches et les tons pastel dominent.
A la Kasbah des Oudayas, on peut visiter également le musée des arts marocains où sont regroupés habits, bijoux, ustensiles traditionnels recueillis des diverses régions du pays.
Des photographies anciennes représentent de jeunes mariés berbères de l’Atlas ou d’ailleurs dans leurs tenues de cérémonie. Le jardin andalou entourant le musée ne manque pas de fasciner les visiteurs et les plonge dans un passé glorieux des Arabes, du temps où ils étaient encore maîtres de l’Alhambra de Grenade.
Le café maure est le lieu de prédilection pour toutes les rencontres, les arrivées et aussi les départs. On y sirote inlassablement du thé à la menthe et on y déguste les confiseries marocaines telles les briouate (pâte d’amande en feuilles de brick) ou les cornes de gazelles. L’endroit assiste, chaque jour, à la naissance d’histoires d’amour. Il a été même la source d’inspiration pour une bande d’étudiants ingénieux à la faculté des Lettres de l’Université Mohammed V qui ont imaginé une pièce théâtrale intitulée “Sur l’autre rive", ses actions se déroulant au café maure.

Chellah

A 2 km du centre ville, entre le palais et l'oued bouregreg. La necropole de Challah est ouverte tous les jours entre 8h30 et 17h30. La necropole fut batie en 1339 sur l'ancienne cite romaine de Sala Colonia. Elle abrite les tombeaux de la dynastie merinide. Chella (Sala colonia) fut occupée dès la préhistoire. Sala était une des villes prospères et riches de la province de la Maurétanie Tingitane. Aux époques phénicienne et carthaginoise le site était probablement une escale maritime entre Lixus et Mogador. Ce n’est qu’à partir de la période mauritanienne ( II ème –I er s. av. J.-C.) que Sala devient une importante agglomération pourvue de multiples monuments publics et religieux. A partir de 40 ap. J.-C. la cité devient romaine et de nouveaux établissements y sont construits (thermes, capitole, arc de triomphe, forum, basilique…). La ville est restée sous domination romaine jusqu’au début du V ème s. ap. J.-C. A la fin du XIII ème siècle, le site est choisi par les sultans mérinides pour abriter une nécropole dynastique. Plusieurs mausolées richement décorés, dont celui du sultan Abou Al Hassan, y sont encore.

 

Tour Hassan

Edifice construit au XIVème siècle, conçu pour devenir la plus grande mosquée du monde musulman, mais les travaux restèrent inachevés. La Tour Hassan surplombe un champ de ruines de deux cents colonnes et s'élève à 44m. Une rampe permet d'accéder aux différentes salles
Construite par le Sultan Mansour Edahbi, et contomporaine des mosquées de la Koutoubia à Marrakech et la Giralda à Seville.
Longtemps ignorée, mais désormais réhabilitée, la Tour Hassan est devenue la figure emblématique de Rabat et la fierté de ses habitants.
Le choix de l'édification du mausolée Mohammed V à ses pieds, est hautement symbolique de l'intérêt que portent les Marocains à ce monument.


Mausolée Mohammed V

Construit, par Hassan II, à la mort de son père Mohammed V en face de l’océan et des colonnades de la Tour Hassan. Ce mausolée est considéré comme étant une continuité d’un patrimoine antique ; puisqu’il renferme le chef d’œuvre de toutes les civilisations qui se sont déroulées au Maroc.
C’est une synchronisation de toutes les écoles d’art  architectural arabo-musulman commençant par les Idrissides et faisant un voyage à travers :


les Almoravides, les Mérinides, les Almohades, les Maurisques puis les Alaouites.  
Dans les angles de la salle se trouvent aussi les tombeaux en marbre blanc du roi Hassan II et de son frère Moulay Abdellah.

La médina

Délimitée par l’Océan et le cours du Bou Regreg, contenue par les murailles almohades et celles des Andalous, la médina de Rabat s’est développée dans le prolongement de la Kasbah des Oudaïas sur 50 hectares.
Composée de larges rues et de venelles pavées, elle dénote des autres médinas marocaines par sa quiétude et son côté ordonné qui en font un lieu de promenade des plus agréables.
Depuis plusieurs années, les habitants de la médina ont entrepris de restaurer leurs demeures et la ville compte désormais de sublimes riads.

Les portes « Bab »

Bâb Oudaïas 

Parfait exemple du savoir-faire des Almohades, cette porte aux proportions imposantes, richement décorée de motifs floraux et d’entrelacs, a été achevée en 1195 par le Sultan Yacoub el Mansour, petit-fils d’Abd el Moumen.
A l’intérieur, des salles aux proportions impressionnantes accueillent une galerie d’art où sont exposées les œuvres d’artistes peintres. Au fond de la galerie, un escalier en pierre mène aux cachots que les corsaires destinaient à leurs prisonniers. Les lieux ont été restaurés récemment.

Bâb er-Rouah « La porte des vents »

Construite à la même époque que la grande porte des Oudaïas, elle est un chef-d’œuvre architectural. Composée de deux bastions carrés, elle est ornée de motifs floraux et d’inscriptions coraniques. A l’intérieur, les salles voûtées abritent une galerie d’art réputée (voir « Musées et galeries ».)

Bâb el-Had « La porte du Marché du Dimanche »

Cette porte percée dans la muraille andalouse était celle du marché hebdomadaire.
Aujourd’hui encore, on y trouve toute une activité commerçante très caractéristique de la vie en médina, un marché, des échoppes et des vendeurs ambulants.
En 1814, le Sultan Moulay Slimane fit rajouter deux tours défensives pentagonales de part et d’autre de la porte. 

Les musées

Musée Ethnographique des Oudayas - Rabat
A été aménagé dans les anciens pavillons érigés sous le règne du Sultan Moulay Ismaïl (1672-1727) pour lui servir de lieu de séjour à Rabat. Par son architecture, son décor, son jardin, le bâtiment constitue à lui seul un chef-d'oeuvre. Le musée y a été installé dès 1915. Il regroupe des collections vestimentaires représentant plusieurs régions du pays. La collection de bijoux, aussi riche que variée, traduit un incontestable savoir-faire de l'artisan marocain. Les astrolabes témoignent du génie de l'école maghrébine et de sa contribution au développement de la science. Les tapis, la poterie et les instruments de musique complètent le tableau de ce que le musée des oudaïa recèle comme collections ethnographiques. Depuis juillet 2002, et suite à sa restauration, le musée abrite une exposition sur « l’art de paraître :bijoux et parures » organisée dans le cadre des cinq grandes expositions patrimoniales.

Le musée archéologique de Rabat
Crée dans les années 30, ce musée abrite les trouvailles archéologiques mises au jour dans les différents sites fouillés à l'époque, notamment ceux de Volubilis, Banassa, Thamusida. Sa vocation est de présenter, à travers les vestiges qu'il renferme, l'histoire du Maroc depuis la préhistoire jusqu’à l’époque islamique : des outils des hommes préhistoriques au mobilier néolithique, des inscriptions libyco-berbères à la splendide collection des divinités romaines, de la statuaire en bronze ou en marbre à la céramique des premières cités de l’époque islamique. Tout un éventail d’objets, d’outils y trouvent place notamment les bustes en bronze de Juba II, de Caton, sans oublier des chefs d’oeuvres comme les statues de l’éphèbe couronné, le vieux pêcheur, le chien de volubilis...

Musée Ethnographique BelGhazi – Rabat
Héritier d'une culture multiple de trente siècles et brassant à la fois plusieurs civilisations -Berbère, Carthaginoise, Romaine, Arabe, Juive ou Andalouse- le Royaume chérifien du Maroc possède l'un des plus riches patrimoines ethnographiques du monde qu'il conserve précieusement dans ses nombreux musées nationaux et tout particulièrement dans le prestigieux "Musée Dar Belghazi" qui est sans conteste le plus grand musée privé d'Afrique reconnu par l'Etat marocain.En effet, le Musée ethnographique "Dar Belghazi" est de toute évidence la fine fleure et la fierté des musées Belghazi qui, au nombre de cinq (dont deux en instauration) sont actuellement répartis judicieusement entre Salé (cité jumelle de Rabat la capitale du Maroc) et les villes impériales de Fès, Meknes et Marrakech.Merveille des merveilles, ce Musée héberge en puissance la quintessence de tous les arts marocains et de surcroît l'art islamique dans toute sa splendeur et l'apogée de son âge d'or. Il suffit de visiter le "COEUR" du Musée Dar Belghazi dans lequel s'élèvent majestueusement deux fascinantes coupoles en bois sculptées d'arabesques, peintes en couleurs féeriques et revêtues de dorures chatoyantes.

Musée de la Monnaie - Rabat
SM le Roi Mohammed VI a inauguré le 19 juin 2002 à Rabat le Musée de la Monnaie de Bank Al-Maghrib qui, de par sa richesse numismatique, est considéré comme le plus grand musée de l'histoire monétaire du Maroc et un centre de référence de la monnaie islamique. Rien que ça.
Le Musée regroupe plus de 1000 monnaies, billets de banque et instruments monétaires exposés en permanence dans un espace de 750 m2 aménagé conformément aux normes architecturales traditionnelles; une représentation d'oeuvres majeures qui retracent le parcours peu ordinaire de 3000 ans d'art monétaire. Il retrace ainsi l'histoire da la monnaie depuis le premier siècle AV-JC jusqu'à l'ère de la dynastie alaouite, en passant par le Royaume de Maurétanie, les Idrissides, les Almoravides, les Almohades, les Mérinides et les Saadiens.
Le Musée comprend également des expositions de pièces commémoratives depuis 1975 jusqu'à celles émises sous le règne de SM le Roi Mohammed VI.
Le Musée offre également un programme d'expositions temporaires liées à la monnaie ou à d'autres expressions culturelles. L'exposition actuelle est axée autour du thème de la coiffure et la parure à travers la monnaie.
Le Musée abrite en outre une bibliothèque numismatique.

Galerie Bab Rouah

Depuis les années 60, les salles intérieures de la magnifique porte de Bab er-Rouah, dans l’enceinte almohade, accueillent une galerie d’exposition. Quatre salles carrées surplombées par des voûtes ouvragées communiquant entre elles par deux vestibules servent de cadre historique à l’affichage d’œuvres contemporaines. Des expositions d’œuvres de grands artistes marocains vivants, comme Farid Belkahia, ou disparus, comme Mohamed Kacimi...